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nanyobi desu ka?

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^!^ délires persos ^!^

Mardi 20 septembre 2005

J’aurais voulu être une déesse..Athéna, Minerve ou Diane Fière, guerrière, forte…j’aurais eu des pouvoirs fantastiques…une plastique irréprochable, j’aurais été immortelle…telle la myrrhe, Miora.

J’aurais aimé faire mes armes dans la police ou être criminologue, ou même médecin légiste ! au cœur de l’action , de la réflexion du cheminement de la pensée de tel ou tel psychopathe, ou de la négociation d’otages avec de dangeureux terroristes ou seule avec des "patients"qui ne se plaindront plus… un rêves auquel aujourd’hui je renonce petit à petit…pendant longtemps je l’ai poursuivi.. Il a fini par s’envoler par la fenêtre. Je n’ai rien fait pour le rettraper.

 

J’aurais voulu être une actrice  belle et adulée comme Demi Moore; (j'ai épluché des dizaines de castings mais jamais aucun ne correpondait à mon profil)…fort bien payée ; changer de rôles tous les ans, avoir une villa splendide sur la côte d’azur, une en Floride, une autre Dieu sait où, des voitures comme on sait qu’on ne pourra jamais s’en payer, une garde robe de princesse…*soupirs*

 

J’aurais aimé être une fée, pouvoir voler, avoir une baguette magique ; je ne sais pas voler, et je n’ai qu’un stylo…mais il n’a rien de magique. Il transcrit mes mots. Rien de plus. Banal.

 

J’aurais voulu être une femme du monde !

Dans le genre glam-pincée et richissime, avec un chauffeur en livrée, chez le coiffeur toutes les semaines, dans les meilleurs prêts-à-porter, cliente fidèle de Van Clief et Arpels, Bucheron…snob ( euuh..bon, peut être pas après tout)

Et si j’avais été une sorcière ? Ou une Elfe ou que sais-je encore ? Rien que pour échapper à la routine, au train train quotidien..avoir l’occasion de changer de vie, de faire des choses qui sortent de l’ordinaire. Ne pas devoir se lever tous les matins à 06h pour gagner son pain. Ne pas regarder les heures s’égrenner à n’en pas finir et s'ennuyer à mourir, ne plus passer devant une boutique sans oser y entrer, ne pas regarder les gens souffrir sans rien y pouvoir, être enfermé dans sa peau, son seul rôle de soi, à vie…

 
Mais je ne suis rien de tout cela, je suis Moi. Une jeune femme comme une autre…

 

Ou peut être pas , après tout.

Par Miora
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Jeudi 13 octobre 2005

Hier nuit, 23h, je me suis endormie, fourbue, au bout d’une quinzaine de sms avec …euh…bon ça n’a pas d’importance.

 

Donc je me suis endormie je ne sais pas combien de temps…. J’ai fait ma nouba dans le monde astral puis le jour s’est levé.

 

Et moi aussi. Enfin, j’ai essayé, et je me suis sentie lourde. Mais lourde ! j’ai râlé un coup (j'adore râler) puis je me suis assise sur le bord du lit ; un léger mal de crâne m’a fait prendre la tête entre les mains et là, stupeur !! je vois mes pieds.

Je vous concède que  voir ses pieds  n'a rien de stupéfiant, ce qui me scotche, c’est de constater qu’ils sont grands, masculins, et qu’ils ne sont pas du tout à moi !!

 

 Je me frotte les yeux (meurs, hallucination, meurs)  et je regarde à nouveau: HORREUR ! mais qu’est ce que c’est que ces pieds ? c’est pas les miens ! en plus ils sont pas beau, nom de Dieu mais qu’est que cette farce ??

 

Nerveusement et avec une appréhension qu’on peut deviner, je regarde mes mains et je manque de m’évanouir : de grandes mains poilues (naaaan, pitié, jveux me réveiller 'tain, qu'est ce que j'ai bu hier soir?) Je veux crier et là, tout se gâte : une voix chargée de testostérone sort de ma gorge.

 

 C’en est trop ! je fonce à la salle de bain en titubant et renversant tout sur mon passage (je flotte dans ma peau je suis mal à l’aise, je flotte vraiment), et là, plus besoin de me hisser sur la pointe des pieds pour voir mon reflet : je dois me baisser ! ( maman…help ! la maison à rétréci ou quoi ? Jveux me réveiller, jveux pas être en retard au boulot). Ce que j’ai vu, c’était pas moi. Je le connais pas moi, ce type qui me regarde avec de grands yeux ahuris ! qu’est ce qu’il fait chez moi ? Enfin, qu’est ce que je fais chez…dans...et MERDE !! c’est qui ce type ! je suis une fille, pas un mec ! pourquoi aujourd’hui je suis celui là, c’est quoi ce délire ?

 

 

« d’où tu sors » je lui demande, blazée

La glace me renvoie mon-son expression superhébétée et c'est sa grosse voix qui a posé la question (ouiiinn ma jolie voix, elle est où?)

« tu es qui, tu fous quoi ici, pourquoi ce matin je suis toi ? »

Le cuistre se contente d’exprimer mes questions de sa grosse voix.

   

Là, je suis dans de beaux draps!

Je retourne m’asseoir comme je peux – ce corps ! ce corps ! il est lourd à déplacer…je suis battue ( mieux qu’abattue)

Brusquement prise de panique je me lève et me secoue dans tous les sens en espérant me débarrasser du lourdaud «  MAIS- TU- VAS -FICHE- LE- CAMPS-OUI ??

Rien à faire. Je retombe sans force sur mon lit. Me voilà prisonière d’un corps qui n’est pas à moi. Il me semble qu’un échange s’est opéré mais je me demande bien comment et à quel moment…

 

 Et le mien de corps, où donc est-il ? ‘tain, si ce type dont j’ai hérité se retrouve enfermée dans mon corps à moi…*gniark gniark* lui qui a ses habitudes dans son 1.95.m, bonjour l’étroitesse avec mon 1.62m !

 

 

Bon sang, j’avais presqu’oublié l’heure.Là je panique pour de vrai, parce que je me rends compte que ça va pas être de la tarte avec cette situation biscornue. Faut que j’aille au service…mais..je vais pas y aller dans cet état ! Mon Dieu ! Mon fils qui ne reconnaîtra pas sa maman ( 2 papas, ça va être gai.. ou gay..hin hin)

Ah mince, elle promet cette journée…j’imagine la tête de la bonne quand je vais faire de "sa" grosse voix « salut Hélène ! qu’est ce qu’on mange aujourd’hui.. » Rraa la la quelle galère mais quelle galère ! je n’ai aucun vêtement à la taille de ce colosse ; je n’ai même pas de vêtements masculins  sauf ceux de mon bébé de 16mois)

 

Allez, faut faire quelque chose. J’ai bien un pantalon trop large pour moi – enfin pour la « moi » d’avant ( je m’y ferai pas je m’y ferai pas) et un tee-shirt XXL..il est question d’avertir mon collègue qui loge à côté de moi de ce qui m’arrive et trouver une solution.

Il faut déjà que je me trouve un prénom masculin...(pft kecékon!) Allez on va dire Firenz.

Vui je sais que c'est bizarre..mais tout est très bizarre depuis ce matin alors...

 

 

 

LA SUITE BIENTOT…enfin je l’espère

 

 

Par Miora
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Mercredi 22 novembre 2006

  Imaginez ce que c'est que de jouer des coudes pour atteindre son bureau. Imaginez.

Imaginez ce que ça peut être de faire la queue devant le café parce que la cuisine est petite et que tout le monde tient à y être en même temps. Imaginez..

Imaginez ce que c'est que de se prendre les pieds dans les classeurs du comptable assis près de la porte avec la tasse de café acquise au prix de chignons crêpés et de poignets tordus et de mollets mordus, et de s'étaler devant l'oeil moqueur du propriétaire des mollets sus-évoqués. Imaginez...

Imaginez ce que c'est que de reconnaitre la salle archives-pourtant à 25m de nous - à son odeur de papiers humides et moisis; j'ai longtemps voulu croire que les archives restaient là bas, au fond, mais je suis obligée d'admettre que la paperase a débordé jusque chez nous. Faute de place.

Faute de place, donc ils ont fini par décider de nous faire migrer vers des espaces moins hostiles: Alléluia ! fini les classeurs pris sur la coiffure de 25 000 F CFA, fini les cafés renversés sur les corsages vuitton, fini les chutes qui finissent dans les bras du comptable ( il le fait exprès, le cuistre! )

Enfin nous allons déménager !

Nos cartons sont fin prêts. Nos meubles nous attendent déjà dans les nouveaux locaux. J'imagine déjà notre bureau: spacieux, imposant, à la hauteur de l'importance de notre département...Aaah! ES-PA-CE !!!

                                -         -         -           -            -

                                -           -           -          -           -

Oui les bureaux sont vastes et aérés, en effet. . .Pour être plus précise, les bureaux des directeurs sont vastes.

Soupir

Mais pour nous autres commerciaux, logisticiens, et comptables, imaginez ce que c'est que de jouer des coudes pour...

Soupir

Par Miora
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Jeudi 30 novembre 2006

Je crois être sur terre pour une bonne raison, même si pour l'instant elle m'échappe. Je laisse mes traces partout où je peux, comme ici par exemple. J'ai réaliser de belles choses comme des mauvaises. J'ai marqué des esprits. M'oubliera t-on?

Je suis ici depuis 23 ans. 23 années de rires et de sous-rires, 23 années de peur, de quête. Quête de moi. Peut être vivrai-je encore 85 ans, remplies de quoi? J'ai peur qu'on m'oublie.

Alors j'écris. Je me raconte ici. Dans l'espoir qu'un jour quelqu'un lise ceci, dans l'espoir que ma vie n'ait pas été ma seule vie à moi, car une fois moi partie, une fois partis ceux qui m'ont connue, se souviendra t-on de moi?

Qui dans 100 ans (déc)ouvrira ces pages, qui s'intéressera à ce que j'ai été, qui se posera des questions sur comment j'ai vécu...

Je crois en la réincarnation. Je m'en irai un jour et je reviendrai. Peut être sous les traits et dans le corps d'un citoyen suisse...

J'écris pour que tu me lise, mais aussi pour me souvenir de moi. Pour que mes mémoires soient conservées parce que je m'aime, et que je ne veux pas mourir. Pas complètement.

J'écris dans l'espoir que le suisse que je serai peut être dans 100 ait un "tilt" en lisant ces mots. Qu'il ressente une impression de déjà vu ou vécu dans ces lignes.

J'écris pour ne pas m'oublier, je refuse d'oublier une fois de plus ce que j'ai été. Je ne veux pas qu'on voit juste l'imposante statue de moi que j'aurais fait ériger, le traité sur la diplomatie que j'aurais écrit. Si je deviens quelqu'un de grand, je ne voudrais pas qu'on rapporte - en embellissant ou en exagérant- les petits bouts de vie qui ont fait la mienne.

Je suis tombée en amour avec celle que je suis ajourd'hui. Tombée en amour avec ses soucis, ses crises, ses fous rires et sa personnalité.Je veux me souvenir d'elle plus tard quand je ne serai plus UN avec elle.

M'oublierai je?

Hier soir un ami m'a annoncé d'une voix défaite qu'il venait de perdre son père.

Encore un demi siècle de vie qui dans 100 ans sera relégué à l'oubli.

Par Miora
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